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L'écocertification vise à garantir au consommateur que le matériau bois qu'il utilise provient de forêts exploitées dans un souci de gestion durable. Mais au-delà de l’affichage pour des consommateurs incapables de vérifier quoi que ce soit par eux-mêmes, les dérives sont encore nombreuses.

Qu’il s’agisse du FSC (Forest Stewardship Council), créé en 1993 à la suite du Sommet de la Terre de Rio par l’ONG WWF ou du PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes), créé, lui, en 1998 à l'initiative des propriétaires forestiers de six pays européens, ces deux labels parmi les plus utilisés dans le monde affichent le même objectif : garantir la provenance des produits certifiés respectueux de la biodiversité et des équilibres écologiques, socialement bénéfiques pour les populations locales et économiquement viables.

Du parquet aux meubles et objets pour la maison en passant par le papier, les produits estampillés de petits arbres verts se vendent de plus en plus dans les rayons des enseignes spécialisées. Pour donner bonne conscience au consommateur, les entreprises n’hésitent pas à user d’arguments environnementaux. Du coup, « la demande est en pleine explosion, en particulier pour le papier, et il n’y a pas assez de forêts certifiées », explique PEFC France. (1)

Se distinguer de la concurrence

Ces dernières années, les surfaces forestières gérées de manière durable ont fortement augmenté. La production de bois certifié est encouragée. Les spécialistes estiment à quelque 10 % les forêts certifiées FSC ou PEFC dans le monde. En 2014, près de 253 millions d’hectares étaient ainsi certifiés PEFC dans le monde. Ce qui en fait la certification leader en termes de surfaces certifiées.

Beaucoup d’entreprises de transformation n’achètent d’ailleurs plus que du bois certifié. La certification est un argument important pour se distinguer de la concurrence. « Celle-ci ouvre en effet les marchés les plus écologiquement sensibles, tels les pays scandinaves, l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suisse, qui la demandent quasi systématiquement et paient bien », souligne Alain Karsenty, économiste au Cirad. « Ces labels « ne garantissent que les conditions de gestion forestière, et non pas la qualité intrinsèque du matériau, ni les processus de transformation et de fabrication des produits finis », remarque toutefois Alain Karsenty. (2)

Une certification de complaisance

Si chaque étape de transformation du bois est certifiée, il suffit, pour obtenir le label PEFC, de préciser que 70 % au moins du bois utilisé sont issus de forêts certifiées. La certification PEFC est en effet accordée sur la base d’un engagement d’amélioration continue de gestion forestière. Plus contraignant, le système FSC permet d’arriver à un degré plus important de certitude de qualité. Pour autant, ces deux labels autorisent encore les plantations industrielles en monoculture gagnées sur les forêts anciennes et les coupes rases. Des forêts « fast wood » que dénoncent les ONG WWF ou SOS Forêt. En France, l’exploitation industrielle de la forêt française se traduirait, de l’avis des ONG, par la création de forêts mono-essence, la déforestation et la détérioration de la biodiversité. Les Amis de la Terre pointent également du doigt « les certifications de complaisance » accordées par le PEFC à d’autres systèmes de certifications forestières à l’initiative des exploitants en Afrique, en Asie et en Amérique latine, beaucoup moins regardants sur les contraintes environnementales et sociales locales à respecter. L'ONG cite en exemple des forêts primaires de Tasmanie, possédant la certification Australian Forestry Standard reconnue par le PEFC, dont les sols, après la coupe, sont traités au napalm. « Toutes les certifications ne se valent pas, et nous regrettons de n'avoir pas plus d'informations sur certaines » affirmait Philippe Delétain, chargé de programme Forêts tropicales au WWF France, lors d'une conférence sur l'importation de bois illégal. (3)

Des conflits d’intérêt

Les ONG dénoncent les conflits d’intérêts à la base de la certification. Est-il normal que les acteurs économiques soient encore en mesure de dicter leurs règles, s’interrogent-elles. Par exemple, le label Bâtiment Bas Carbone (label BBCA), lancé en France en 2016 pour répondre aux exigences de la prochaine réglementation thermique de 2020, rassemble des architectes, des promoteurs immobiliers et de grands groupes de construction. Construction raisonnée, exploitation maîtrisée, stockage de carbone et économie circulaire sont les quatre critères du référentiel de ce nouveau label. L’association en charge de l’attribution, qui prend en compte l’empreinte carbone d’un bâtiment calculée sur son cycle de vie, a ainsi primé l’an dernier les quinze ouvrages les plus exemplaires en matière de développement durable, dont les deux tiers sont en bois.

Parmi les projets phares ayant obtenu ce label, figure l’Arboretum à Nanterre situé sur les Papeteries de la Seine à Nanterre, un projet qui accueillera en 2020 des immeubles de bureaux et un vaste campus en bois sur 17 hectares. Associée au groupe BNP Paribas Real Estate dans ce projet, l’acquéreur n’est autre que Woodeum, une société de promotion immobilière co-dirigée par Guillaume Poitrinal. « Nous avons bien sûr intégré le fait que la matière première vient d'Autriche dans le bilan que nous présentons et nous étudions les moyens de faire naviguer le matériau jusqu'à Nanterre. Même ainsi, il est infiniment meilleur qu'avec une simple ossature bois ou une construction en béton », reconnaît Guillaume Poitrinal. Cet ancien promoteur du béton, qui a construit les plus grands centres commerciaux d’Europe, est ainsi devenu intarissable sur les bienfaits des constructions en bois, et notamment du « lamellé-collé croisé », le procédé commercialisé par Woodeum et Cie qui n’est pas franchement écologique. Les colles utilisées sont à base de phénol-résorcine-formaldéhyde (PRF), de polyuréthane (PUR) ou d'émulsion de polymère isocyanate (EPI). (4) Au-delà de ces considérations écologiques, Guillaume Poitrinal est accessoirement membre du conseil d’administration de l’association BBCA. L’objectivité de l’attribution de ce label peut être remise en cause, sachant que certains bénéficiaires emblématiques sont à la fois juge et parti.

Des contrôles à renforcer

En France, le système PEFC s’est imposé sur l’ensemble du territoire national avec 5,7 millions d’hectares gérés (35 % de la surface forestière) en 2016. L’adhésion à PEFC est même automatique, après l’envoi d’un formulaire, d’un chèque de 20 €, plus 0,65 € par hectare (au-delà de 10 ha). Aucun contrôle préalable n’est donc requis pour accéder à PEFC. Une grosse coopérative contrôle elle-même ses adhérents et l’ONF se contrôle lui-même. « On fait des contrôles par échantillonnage, avec une formule recommandée par les normes internationales. Si nous avions plus de moyens, nous pourrions faire plus de choses, mais le consommateur n’est pas prêt à payer plus cher pour du bois certifié », se justifie Stéphane Marchesi, le secrétaire général de PEFC France. (5)

Les propriétaires ne sont même pas tenus de respecter immédiatement le cahier des charges. Un propriétaire de plus de 10 ha doit « disposer ou s’engager à disposer dans un délai de trois ans à partir de la date d’adhésion, d’une garantie ou présomption de garantie de gestion durable définie par la loi forestière du 9 juillet 2001. » En clair, il faut se contenter de s’engager à respecter la loi dans un délai de trois ans pour vendre son bois avec l’étiquette PEFC. C’est l’une des différences essentielles avec FSC. « Avec FSC, nous sommes dans une approche de performance, les propriétaires doivent prouver qu’ils respectent déjà nos critères avec un audit initial effectué par un organisme certificateur. Tous les porteurs du certificat sont contrôlés chaque année, ce qui permet une meilleure prise en compte de la biodiversité et du droit du travail par exemple », explique Guillaume Dahringer. (6) (7) En France, seuls 18 000 ha étaient certifiés FSC en 2010, soit à peine plus de 0.1% de la surface cultivable, estimée à 15 millions d’ha.

Appel à la vigilance du consommateur

Le WWF ne s'y trompe pas : le consommateur reste seul juge de la qualité du produit qu'il achète. Mais consommateurs comme experts sont incapables de distinguer un bois provenant d’une forêt durablement de celui qui n’en vient pas. Dans le cadre de sa campagne « En achetant du bois, faites le bon choix », l'association encourage les acheteurs de bois tropicaux à vérifier l'origine et l'espèce du bois, à défaut de trouver un label.

Sylvain Angerand, responsable forêts aux Amis de la Terre n’accorde plus aucun crédit à ces labels et donne son avis sur cette question : « ce n’est pas avec les certifications que l’on changera. Pour moi, ce n’est plus d’actualité. FSC s’aligne vers le bas, même si c’est le moins pire des deux. Il faudrait plutôt améliorer le contrôle citoyen et jouer sur la loi ». (8) La question de la certification est bien celle de la caution d’un tiers de confiance. Or il semble que, dans de nombreux cas, il ne s’agisse pas véritablement d’un tiers. 

 

  1. http://www.novethic.fr/empreinte-terre/ressources-naturelles/isr-rse/bois-la-guerre-des-labels-113180.html
  2. www.jeuneafrique.com/.../alain-karsenty-vendre-bois-europe-nord- certification-obligatoire/
  3. www.novethic.fr/...terre/.../bois-la-guerre-des-labels-113180.html
  4. https://www.lesechos.fr/.../22438-077-ECH_le-bois-a-l-assaut-d-un- megaprojet-immobilier.htm
  5. medias-libres.org/2015-greenwashing/articles/.../lutopik.html
  6. medias-libres.org/2015-greenwashing/articles/.../lutopik.html
  7. www.lutopik.com/.../les-forets-certifiees-sont-elles-durables-FSC-PEFC
  8. www.lutopik.com/.../les-forets-certifiees-sont-elles-durables-FSC-PEFC

 

 

 



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