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Un rapprochement entre Carrefour et de Casino serait inquiétant à plus d’un titre. Les conséquences d’une telle fusion seraient en effet néfastes pour les salariés des deux enseignes, pour les fournisseurs de la filière agricole et agroalimentaire, mais aussi pour les consommateurs.

En rejetant, le 24 septembre dernier, tout rapprochement avec Carrefour, le conseil d’administration du groupe Casino a pudiquement évoqué, entre autres, les « obstacles en matière de concurrence et d’emplois ». Les sujets d’inquiétude à la perspective d’une telle fusion ne manquent pas en effet dans ces domaines.

Fortes inquiétudes sociales

Pour les salariés, l’« impact social » d’un tel regroupement serait « catastrophique » selon les syndicats. Les petits producteurs agricoles et les entreprises du secteur agroalimentaire craignent de leur côté pour leurs prix et pour leurs marges, déjà très « compressés » dans la situation actuelle. Quant aux consommateurs, ils peuvent être légitimement préoccupés par la réduction de la concurrence que provoquerait une nouvelle consolidation du secteur.

Carrefour et Casino ont chacun des hypermarchés, des supermarchés et des petits magasins urbains. Le géant qui naîtrait d’une fusion des deux groupes détiendrait potentiellement à lui seul un tiers du marché de la grande distribution alimentaire en France. Sa part de marché dans le commerce de proximité à Paris et en région parisienne s’approcherait même, selon les spécialistes, des trois quarts.

Dans certaines zones de chalandise, la position dominante du nouvel ensemble ne saurait donc être acceptée par les autorités de la concurrence. Pour des raisons légales, le nouveau mastodonte n’aurait donc d’autre choix que de céder massivement des magasins, et sans doute, faute de repreneurs, d’en fermer un grand nombre, avec à la clé un cortège de licenciements. À Paris et en région parisienne, en particulier, où les deux groupes sont aujourd’hui quasiment en situation de duopole en matière de proximité, il y aurait nécessairement une forte casse sociale.

Au nom des indispensables « synergies » et de la sacro-sainte « réduction des coûts », des suppressions d’emplois massives frapperaient également les fonctions des sièges. Quand ils observent la restructuration à marche forcée actuellement vécue par les salariés du groupe Carrefour, les syndicats des deux groupes n’ont aucune raison d’être rassurés sur ce point.

Crainte pour la filière agricole

Les entreprises des filières agricoles et agroalimentaires voient également ce possible rapprochement comme une nouvelle menace. Déjà soumis aux conditions de quatre « super-centrales d’achat », bâties par les six grands groupes qui contrôlent 90 % de la grande distribution française (Leclerc, Carrefour, Intermarché, Casino, Système U et Auchan), de nombreux petits producteurs ont peur de ne pouvoir résister à une nouvelle réduction de leurs prix et de leurs marges... Tout comme d’ailleurs les acteurs de la filière agroalimentaire dont l’immense majorité sont des petites entreprises qui n’ont le pouvoir de résistance de Danone ou de Coca-Cola.

On sait que les grands distributeurs utilisent les opérations de concentration pour dégager des synergies au niveau des achats en renforçant les pressions sur leurs fournisseurs. Déjà, au début de l’année, à l’occasion de négociations commerciales une nouvelle fois « tendues », agriculteurs, coopératives agricoles et industries alimentaires accusaient pour la énième fois la grande distribution de profiter de leur puissance d’achat pour « mettre sciemment en péril la filière alimentaire française ».

« Demandes de baisses de prix systématiques, non prise en compte des hausses de matières premières, banalisation des démarches « qualité » ou RSE, menaces de déréférencement, comportements irrespectueux et contraires à la loi dans les box de négociation, opérations promotionnelles sauvages »… Les griefs adressés par les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires à la grande distribution sont nombreux.

« Combien d’exploitations agricoles, d’entreprises, de coopératives en difficulté, d’emplois détruits, d’investissements retardés voire abandonnés, avant de comprendre que se joue aujourd’hui, dans les box de négociation de la grande distribution, la survie du secteur alimentaire ? », s’interrogent les représentants de la filière, qui en appellent à l’Etat « pour une équitable répartition de la valeur ». Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail, affirment-ils. Et les coopératives et les entreprises doivent pouvoir investir et se développer.

Risques pour les consommateurs

Les consommateurs peuvent aussi être légitimement préoccupés des risques que ferait peser une nouvelle concentration de la grande distribution sur leur liberté de choix, sur la qualité des produits proposés, et même sur leur pouvoir d’achat. 

Déjà, en avril 2015, suite aux premiers accords de coopération à l’achat entre grandes enseignes de la grande distribution, l’Autorité de la concurrence pointait dans un avis des risques de limitation de l’offre et de réduction de la qualité pour les consommateurs. L’Autorité mettait également en avant des dangers pour la concurrence du fait de l’alignement des coûts d’achat, de la possibilité d’échanger des informations sensibles et d’adopter un « gentlemen agreement » de non-concurrence frontale dans les zones de chalandise, qui limiterait la mobilité inter-enseignes.

En avril 2018, une étude de l’UFC Que Choisir a ainsi montré que les prix entre deux hypermarchés d’un même groupe peuvent varier de 20 % selon qu’il y a ou non un concurrent dans la zone de chalandise. Portant sur un échantillon de 160 produits alimentaires de grande consommation dans 40 % des zones de chalandises en France (666 hypermarchés et 744 supermarchés), cette étude révèle que seules 27 % des zones sont concurrentielles, avec plus de deux hypermarchés présents à moins de 10 kilomètres. Dans 37 % des cas, la concurrence est jugée « moyenne » (avec deux hypermarchés) et dans 33 % des cas, elle est tout simplement absente (un seul hypermarché).

L’UFC Que Choisir dénonçait également fin août 2018 les « marges exorbitantes » de la grande distribution sur les fruits et légumes bio, dont elle contrôle déjà 42 % du marché. Selon l’association de consommateurs, les marges brutes de la grande distribution sont, en moyenne, deux fois plus élevées pour les produits bio que pour ceux issus de l’agriculture classique. L’écart de marge est particulièrement spectaculaire pour les deux produits frais les plus consommés dans ce rayon : + 145 % pour la tomate et + 163 % pour la pomme. L’association juge également l’offre de fruits et légumes bio frais « indigente », notant, dans près d’un cas sur deux (43 %), l’impossibilité de trouver en rayon à la fois des pommes et des tomates bio.

Salariés, petits producteurs agricoles et filière agroalimentaire, consommateurs… Dans le contexte actuel, une nouvelle poussée de concentration dans la grande distribution pourrait donc faire beaucoup de perdants.



Bénéfices
Impact_social_societal Impact social et sociétal
  • Conditions de travail
  • Relation fournisseur / Distributeur
Impact_economique Impact économique
  • Optimisation des coûts / marges
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