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Engie

L’hypothèse d’un départ de la directrice générale d’Engie, Isabelle Kocher, laisserait les mains libres à Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration. Quelle est sa feuille de route ? Démanteler le groupe pour doper le cours de l’action et permettre à l’Etat de vendre ses parts au meilleur prix ?

 

Les grandes manœuvres continuent dans le secteur de l’énergie. Au printemps dernier, Le Parisien dévoilait un projet secret, baptisé « Hercule ». Présenté en juin aux syndicats, ce plan viserait à séparer le groupe EDF en deux entités : EDF Bleu, public, porterait la dette nucléaire, tandis qu’EDF Vert, privatisé et coté en Bourse, financerait la transition énergétique. Un projet concocté au sommet de l’État, qui s’apparente, selon ses détracteurs, à un « démantèlement ».

 

Casser le modèle intégré d’EDF ?

 

Une telle opération reviendrait en effet à casser le modèle intégré du groupe EDF, qui réunit aujourd’hui activités de production, de distribution et de réseaux. Elle permettrait d’ouvrir aux investisseurs privés le capital de la future entité EDF Vert, incluant Enedis, EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d’outre-mer et de la Corse d’EDF. Autant dire toutes les activités régulées dotées de revenus garantis. Les marchés financiers se frottent déjà les mains en coulisses.

 

On peut néanmoins s’interroger sur la finalité d’une telle restructuration qui ne répondrait, in fine, ni aux besoins de financement du groupe, ni à une réelle vision industrielle. Cette pure logique financière ne risque-t-elle pas au contraire de détruire la cohérence du système ? Car on sait que dans l’énergie, la maîtrise des réseaux est stratégique.

 

Les syndicats ont dénoncé ce projet « financier » qui va « découper EDF pour faire la part belle à la concurrence » en scindant la production et la commercialisation de l’électricité. « On privative les gains et on nationalise les pertes », estime la CFE-CGC. La grève massive et le rassemblement organisé à Paris le 19 septembre dernier ont montré la forte mobilisation contre ce projet, sur un slogan clair : « Non à la découpe d’EDF ! ». « Ce plan veut détruire l’EDF historique et publique de 1945, pourtant structurant, uniquement pour des motifs financiers », estime la CFDT. « C’est seulement une façon pour EDF de boucler ses comptes annuels et vendant ses bijoux de famille ». 

Vers un démantèlement d’Engie ?

Y aurait-il aussi, dans les cartons de l’Etat, un plan « Hercule » pour Engie ? C’est une question que l’on peut légitimement se poser à l’heure où plusieurs articles de presse font état de la volonté du conseil d’administration d’Engie de débarquer sa directrice générale, Isabelle Kocher, qui a pourtant mené à bien la transformation du groupe depuis trois ans et dont le nouveau plan stratégique 2019-2021 a été approuvé par le conseil et par l’Etat. N’y aurait-il pas derrière cette surprenante éviction un agenda caché et un projet secret ? Les querelles d’égos dont se font écho les médias ne masqueraient-elles pas un désaccord stratégique majeur sur l’avenir d’Engie ?

Jean-Pierre Clamadieu, ex-patron du chimiste belge Solvay, a été nommé président du conseil d’administration d’Engie en mai 2018 avec une feuille de route claire de la part de l’Etat, encore actionnaire du groupe à hauteur de 24 % : garantir qu’Engie reprenne de la valeur afin que l’Etat puisse valoriser au mieux ses parts, notamment avec l’ouverture du capital de GRTgaz, autorisé par la loi Pacte, voire avec la vente d’autres actifs régulés du groupe.

Selon de nombreux analystes, la seule solution pour augmenter le cours de Bourse à court terme serait en effet de démanteler Engie et de vendre ses infrastructures gazières : la distribution (GRDF et son portefeuille de dix millions de clients hérité de Gaz de France), le réseau de transport de gaz (GRT Gaz) et sa filiale de GNL (Elengy), ainsi que les activités de stockage (Storengy). Autant d’activités qui bénéficient de tarifs régulés et assurent 40 % des bénéfices de l’entreprise. De quoi attiser les appétits financiers. Cette cession rapporterait en effet à Engie plusieurs milliards d’euros, mais ferait perdre au groupe le plus gros de ses profits.

Un scénario poussé par le conseil sous l’œil bienveillant de l’Etat

Selon BFM Business, le conseil d’administration d’Engie pousse depuis plusieurs mois à une telle scission des réseaux gaziers, au nom de la nécessaire spécialisation du groupe. L’ancien patron d’Airbus, Fabrice Brégier, poids lourd du conseil, critique ainsi régulièrement la stratégie d’Isabelle Kocher, pour pousser « une stratégie alternative de rationalisation et de scission du groupe ». Autre membre influent du conseil, le président de Safran, Ross McInnes, multiplie également les saillies « agressives » contre la directrice générale. Et sa proximité avec Jean-Pierre Clamadieu fait dire à certains qu’il dit tout haut ce que le président pense tout bas.

Dans une interview au quotidien Les Echos le 11 décembre dernier, ce dernier a pourtant exclu tout scénario de démantèlement du groupe. « Les spéculations que j’ai pu lire sur l’évolution du périmètre du groupe sont sans fondement », a-t-il affirmé. Mais on peut lire en creux dans cette déclaration qu’Engie n’exclut pas d’ouvrir le capital de certaines de ses filiales, comme c’est déjà le cas pour le réseau de transport GRTgaz. Une évolution du capital de GRDF (3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 11 000 salariés), en revanche, n’a jamais été évoquée officiellement jusqu’ici – il faut dire que le sujet est très sensible.

De son côté, l’Etat souhaite clairement se désengager d’Engie et en a acté le principe dans la loi Pacte, votée en avril. Le produit de la vente à un bon prix des activités gazières d’Engie lui permettrait de compenser l’abandon probable de la privatisation d’Aéroports de Paris, devenu brûlot politique depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Pour calmer le jeu, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, a dit le 16 décembre regretter de « fausses nouvelles » autour du géant de l’énergie, et soutient qu’il n’y a « aucune raison de remettre en cause » le cap stratégique d’Engie. Un démenti plutôt timide, sachant que l’essentiel des décisions se prend de toute façon à Bercy, voire à l’Elysée.

Désaccord stratégique avec Isabelle Kocher

La position d’Isabelle Kocher est, elle, sans ambiguïté. Elle a bien précisé qu’elle s’opposerait à toute scission des infrastructures gazières. Dans un entretien au Figaro, le 5 décembre, elle évoque des « attaques malveillantes, probablement venues de l’extérieur » et réfute toute idée de « vente à la découpe ». « Faire évoluer le groupe, accélérer sa transformation, évidemment. Mais démanteler et vendre Engie par appartements, non ! Et je le dis avec force. Le groupe est un grand fleuron français et je ferai tout pour qu’il le reste ». Un désaccord stratégique avec une partie du conseil d’administration qui pourrait expliquer, plus sûrement que les critiques surfaites sur son management, la volonté d’évincer la directrice générale.

Les deux sujets sont liés, estime la CFDT : Isabelle Kocher est attaquée « parce qu’elle ne partage pas la nouvelle vision stratégique d’une partie du conseil et qu’elle s’en explique. Isabelle Kocher a toujours rejeté ce démantèlement ». Le syndicat prend la défense de la directrice générale, jugeant comme elle qu’une « synergie » est nécessaire entre les réseaux gaziers et les autres activités, et redoutant « une casse sociale d’ampleur » en cas de démantèlement du groupe.

De son côté, la CFE Énergie a dénoncé début décembre le risque d’une « vente à la découpe » « dans le seul but de doper le cours de Bourse de l’action ». « Il s’agit ni plus ni moins d’une liquidation totale d’Engie dans le seul but de doper le cours de Bourse » afin que l’Etat puisse vendre ses actions « au meilleur prix ». A l’Etat, gouvernement en tête, de clarifier maintenant ses intentions.

 



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