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Fleuron de l’industrie chimique belge et européenne, le groupe Solvay entame l’exercice 2020 avec de nouvelles ambitions, plus réalistes que celles des années passées. Une manière de retrouver l’équilibre afin de rassurer des marchés encore dubitatifs. 

Dans son bureau au nord de Bruxelles, la nouvelle PDG du groupe Solvay sait qu’elle ne doit pas se fier au calme extérieur. Les arbres environnants cachent le flot tranquille du canal de Willebroek, à quelques dizaines de mètres. Car à chaque étage du siège social du groupe dont elle a pris les rênes début 2019, la Française Ilham Kadri sait qu’elle n’a pas la partie gagnée d’avance. Pour rompre avec la politique de l’équipe précédente, elle a remis à plat la stratégie du groupe : moins de dépenses, plus de réflexion dans les acquisitions, moins d’effets d’annonce, plus de vrais résultats. Baptisé G.R.O.W., son plan s’oriente autour de trois axes : Matériaux, Chimie et Solutions.

Grow, une nouvelle stratégie pour quoi faire ? 

Tout est dans l’intitulé. Grow, comme croître ou grandir, en anglais. Mais une croissance raisonnée et réaliste, basée sur l’activité et la création de richesses et non sur une politique agressive que les marchés ne goûtent généralement pas. Les objectifs sont clairs, avec pour horizon l’année 2024. « Notre stratégie G.R.O.W. est le résultat d’un examen stratégique complet de notre portefeuille d’activités, avance Ilham Kadri. Notre nouveau modèle opérationnel – Solvay ONE – nous permettra de révéler tout le potentiel de Solvay grâce à une allocation rigoureuse et différenciée des ressources, et basée sur des mandats spécifiques. Nous mettrons l’accent sur la croissance, le cash et les rendements, et donnerons la priorité aux investissements qui offrent les meilleures perspectives de rendement. » Un discours qui devrait plaire aux actionnaires du groupe, échaudés par les résultats décevants des années 2016-2018.

D’ici 2024 donc, la feuille de route est chiffrée et structurée. Côté chiffres, le groupe Solvay compte réaliser entre 300 et 350 millions d’euros d’économies ; le mode de gestion mis en place courant 2019 devrait générer environ 500 millions d’euros de cash en cinq ans. L’objectif à moyen terme est donc de voir la conversion en cash dépasser 30% en 2024, contre 22% en 2019 par exemple, tandis que la rentabilité des capitaux investis (ROCE) devrait passer de 8 à 11%, soit environ 300 millions d’euros par an du résultat annuel, avant impôt. La sous-performance financière des années précédentes et la dette grandissante inquiétaient, Kadri a pris des engagements forts.

Côté structure, Solvay va simplifier ses activités. « La priorité sera donnée aux investissements et à l’innovation, poursuit la PDG. Nous aspirons à renforcer notre position de leader dans les matériaux avancés en tirant – par exemple – parti des synergies entre Specialty Polymers et les Composite Materials grâce à notre plate-forme de pointe dans le domaine des thermoplastiques. » Mais Solvay va aussi réduire la voilure, en abonnant certains projets lancés par l’équipe précédente dirigée par Jean-Pierre Clamadieu, comme l’agrandissement du siège bruxellois ou la construction d’un nouveau centre de recherche dans la région lyonnaise.

Solder l’héritage de l’ère Clamadieu

L’actuelle dirigeante Ilham Kadri ne le formule que dans les coulisses. Mais l’objectif de son mandat est de faire de l’anti-Clamadieu. Auréolé par la relance financière de l’entreprise française Rhodia – à coups de plans sociaux –, Jean-Pierre Clamadieu avait accompagné sa fusion avec Solvay avant de devenir, en 2012, le premier PDG non-Belge du groupe. Le conseil d’administration avait alors donné carte blanche à Clamadieu pour tailler dans le vif et réorienter les activités du groupe. Seulement le PDG français a eu les yeux plus gros que le ventre, entre ambitions irréalistes et choix parfois peu judicieux d’un point de vue comptable.

En seulement six ans à la tête du groupe, Jean-Pierre Clamadieu a initié 29 cessions et 15 acquisitions d’entreprises : exit les divisions nylon et PVC, exit la firme allemande BASF qui représentait pourtant 15% du chiffre d’affaires du groupe, exit quelque 6500 emplois, exit 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Clamadieu, c’est marche ou crève », se souvient un syndicaliste dans les colonnes de Challenges. Chez Solvay, son départ précipité a été finalement bien vécu.

Clamadieu a fait des paris – intéressants, sur le papier – mais hasardeux dans la réalité. Il a voulu miser sur les matériaux composites à haute valeur ajoutée, mais la greffe n’a pas pris. Certaines acquisitions ont même été des échecs à la fois industriels et comptables, comme celle de la firme californienne Chemlogics Group en 2013 pour un milliard d’euros, qui a perdu 656 millions en valeur depuis. En valeur absolue, en sept ans, l’Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) du groupe n’a pas augmenté alors que la dette du groupe a quintuplé. Les ultimes résultats boursiers ont certainement précipité la chute de Jean-Pierre Clamadieu : entre 2012 et 2019, l’action Solvay n’a progressé que de 16%. Une hausse bien maigre comparée à celle de son concurrent naturel, le Néerlandais DSM, qui a bondit de 242% (l’indice de la Bourse de Bruxelles a lui grimpé de 165% en moyenne) sur la même période. Il fallait donc une nouvelle stratégie.

La réaction prudente des marchés

La rupture voulue par Ilham Kadri a donc été accueillie avec prudence et intérêt par les marchés financiers. Si, à Bruxelles et dans l’ensemble de l’industrie chimique mondiale, certains observateurs ne croient pas trop aux effets d’annonce de la dirigeante française, d’autres veulent mettre une pièce sur le nouveau plan stratégique dévoilé en novembre dernier.

Du côté des pessimistes, on retrouve deux banques suisses de premier plan, UBS et Crédit suisse. Face aux mauvais résultats de Solvay fin 2019, UBS a ramené sa recommandation de « acheter » à « neutre », avec un objectif de cours de l’action passant de 105 à 100 euros ; le Crédit suisse a fait de même pour les recommandations, avec un calcul similaire, de 105 à 101 euros. Pour UBS, les perspectives 2020 dans les secteurs automobile, électronique et pétrolier ne devraient faciliter la tâche de la nouvelle équipe. Si Ilham Kadri s’est montrée volontariste côté bénéfices, le Crédit suisse considère quant à lui que la nouvelle stratégie tardera à porter ses fruits, en 2024 plutôt qu’en 2021 comme annoncé.

Si les optimistes semblent moins nombreux, leurs arguments sont aussi à prendre en compte. Par exemple, la banque allemande Berenberg Bank fait le calcul inverse, remontant son objectif de 102 à 120 euros par action, intégrant même la valeur Solvay dans sa liste d’achats recommandés. Selon Sebastian Bray, analyste chez Berenberg, « Solvay est la plus sous-évaluée des grandes capitalisations de la chimie en Europe. Nous voyons un chemin dans les prochaines années pour un groupe simplifié, sans une décoté liée à sa complexité ». Seuls les résultats des prochains mois diront qui a tort et qui a raison.

 



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